"Il faut que nos fruits racontent le terroir d'où ils sont sortis", le marron des Mauges et de Vendée espère se faire un nom au salon de l'agriculture

C'est un peu un trésor local tombé dans l'oubli : le marron des Mauges et de Vendée. Depuis plusieurs années des passionnés se mobilisent pour développer une filière. Consécration cette année, la crème de marrons ligérienne sera présentée au salon de l'agriculture.

Juliette Poirier et Laura Striano / France 3

2/15/20263 min read

A Chemillé-en-Anjou, chez ce producteur, 400 kg de marrons des Mauges et de Vendée ont été ramassés en septembre dernier.

Connaissiez-vous la crème de marrons des Mauges et de Vendée ? Si vous êtes originaire des Pays de la Loire, de Vendée ou du Maine-et-Loire certainement. Car il existe sur le territoire de nombreuses variétés de marrons.

Sinon, vous aurez l'occasion de la découvrir au concours général agricole du salon de l'agriculture 2026. Une consécration pour ces marrons qui retrouvent un second souffle ces dernières années.

Objectif : l'appellation géographique

Benoît Huntzinger est producteur de marron noir des Mauges à Chemillé-en-Anjou dans le Maine-et-Loire. Avec sa femme Marine, ils cultivent leurs châtaignes et confectionnent leur crème de marrons dans un atelier créé il y a un an dans leur ferme.

Leur souhait : obtenir une appellation géographique, pourquoi pas une IGP ou indication géographique protégée, celle qui par définition officielle "identifie un produit agricole, brut ou transformé, dont la qualité, la réputation ou d’autres caractéristiques sont liées à son origine géographique".

La crème de marron des Mauges et de Vendée sera présentée au concours général agricole au salon de l'agriculture

Y aura-t-il alors un jour une IGP pour les marrons des Mauges et de Vendée au même titre que le jambon de Bayonne ou le foie gras du Sud-Ouest ? "L'idée c'est d'avoir une sorte de moteur qui invite, qui encourage d'autres agriculteurs à nous rejoindre. Il faut que nos fruits racontent le terroir dont ils sont sortis" explique le producteur.

Pour l'instant, seuls leurs plus anciens châtaigniers fournissent la matière première nécessaire à la fabrication de la crème de marrons. En septembre dernier, 400 kilos ont été ramassés, congelés, pour mieux répondre à une demande florissante.

"On va accélérer le rythme, puisque nous avons plus de demandes, aussi bien au niveau du Puy du Fou, qui nous en demande pour la saison qui arrive, que de nos ventes directes, et puis les épiceries, les grandes et moyennes surfaces", explique Marine Huntzinger.

Une filière locale de plus en plus structurée

La filière locale se structure de plus en plus. Une quarantaine d'agriculteurs sont devenus planteurs. Sur l'une des parcelles gérée par le couple, les châtaigniers plantés il y a près de trois ans grandissent et seront bientôt prêts à être greffés.

Benoît Huntzinger veille sur ses jeunes plantations de châtaigniers.

"On y passe désormais toutes les semaines, on regarde, on pince, on forme pour qu'il n'y ait pas de stress au niveau des arbres. On voit qu'il y a vraiment un super résultat, dès qu'on y passe un peu de temps".

Mettre le bocage au cœur de la production fait aussi partie du cahier des charges pour obtenir une appellation géographique. Une haie a été plantée pour séparer les plants mis en terre.

"On cherche la symbiose entre nos châtaigniers, la prairie, et les haies. C'est ce qui apporte une richesse et une productivité sur le long terme."

Il faut en moyenne attendre six à huit ans avant de récolter les premières châtaignes. En attendant, la crème de marrons des Mauges et de Vendée sera présentée au Concours Général Agricole, lors du Salon de l'Agriculture.