La réintroduction du marron noir de Vendée
Site du Puy du Fou
12/1/2024


Le Puy du Fou, on le sait, tient son nom du latin podium, la hauteur, la colline ; et fagus, le hêtre : la colline des hêtres. Ce nom est en lui-même le témoin d’un cadre naturel préexistant au parc. Il est donc de notre devoir de préserver ce patrimoine naturel et local, qui s’insère dans le Haut Bocage Vendéen. C’est Etienne Boisumeau, au sein de l’équipe Nature, Paysages et Jardins, qui en est chargé.
Après avoir réintroduit le cormier dans les plantations de haies, depuis 2016, pour sauvegarder le bocage, Etienne s’est attaqué en 2023 à une nouvelle essence. L’idée, soufflée par Guillaume Allaire, a fini par germer dans son esprit : réintroduire le marron noir de Vendée. Contrairement à ce que son nom semble indiquer, cet arbre est une variété de châtaignier. Autrefois très présent dans les Mauges et dans le Haut Bocage Vendéen, et prisé pour la taille et le nombre de ses fruits, Saint Mesmin était une place forte du commerce de la châtaigne qui constituait alors un excellent complément alimentaire. Le marron noir est aujourd’hui sérieusement menacé de disparition. En cause, l’évolution des pratiques agricoles, l’arrêt des récoltes et les fluctuations météorologiques qui ont touché la région ces dernières années. Résultat des courses : un seul individu (existe) encore à proximité de la place des chaumes proches des Vikings, mais il est mort depuis 2019.
L’intérêt de ce chantier est triple : sur le plan patrimonial, il empêchera la disparition d’une essence locale emblématique ; sur le plan environnemental, il produira des fleurs pour les abeilles à une période de l’année pauvre en fleurs ; et sur le plan écologique, il sera un excellent capteur de carbone. Ce projet n'est pas isolé : il s’inscrit dans une dynamique locale de préservation de cette essence, initiée par la Ferme des Blottières, à Chemillé.
Après avoir planté une trentaine de porte-greffes dans les haies bocagères entourant le Puy du Fou, Etienne, parfois aidé des jeunes de l’Académie Junior qu’il encadre, viendra pratiquer les greffes à l’aide de greffons du marron noir. Les porte-greffes, à l’épreuve des maladies, permettront aux châtaigniers de se développer et de survivre aux variations du climat. Récolte à venir dans cinq ans…


