Réactiver la production de châtaignes

Dans le Maine-et-Loire et en Vendée, près d'un millier de porte-greffes ont été plantés depuis l'automne 2023.

Anne Mabire / La France Agricole

1/30/20252 min read

Éleveur à Chemillé, Benoît Huntzinger, qui a planté un verger de châtaigniers en novembre 2023, explique le projet Marrons des Mauges-Marrons de Vendée.

Agriculteur à Saint-Lézin, dans le Maine-et-Loire, Pierre Frémondière cultive des légumes, principalement d'automne et d'hiver. Il a planté cet hiver soixante-dix porte-greffes de châtaigniers. «Nous sommes encore loin de la première récolte. Mais à terme, la châtaigne fera un bon complément à notre gamme de produits frais et transformés », a-t-il expliqué le 17 décembre dernier lors d'un point d'étape du projet Marrons des Mauges-Marrons de Vendée.

Lancé à la fin des années 2010, ce programme vise à réactiver la production de châtaignes dans les Pays de la Loire en s'appuyant sur deux variétés locales: le marron des Mauges, présent dans le sud-ouest du Maineet-Loire, et le marron de Vendée, localisé essentiellement dans le nord de ce département.

Vers une IGP

Comme Pierre Frémondière, une vingtaine d'agriculteurs sont désor. mais impliqués dans le programme. Depuis 2023-2024, la Région soutient financièrement les projets de plantation. L'aide accordée aux agriculteurs couvre 60 % des frais [NDLR: 20 є par plant, paillage, filet et tuteur inclus]. En verger ou dans le cadre de projets agroforestiers, " nous arrivons aujourd'hui à 943 porte-greffes en place avec un prévisionnel de 800 pour la campagne 2025-2026 », précise Élise Guineheuf, chargée de mission au conservatoire ligérien des races et espèces locales.

Relancer la production va demander du temps: de deux ans et demi à trois ans avant de greffer les plants, puis encore quatre à cinq avant une première récolte. En attendant, « nous menons un travail collectif pour valoriser et commercialiser les récoltes à venir", poursuit Benoît Huntzinger. "Il est d'autant plus important que nous n'irons pas tous vers la transformation et la vente directe ». Président de l'association des producteurs Marrons des Mauges-Marrons de Vendée, cet éleveur de Chemillé-en-Anjou vise l'IGP, indication géographique protégée, « quitte à passer par des étapes, notamment la création d'une marque ».